Extrait du roman: École Courage

 — J’arrive, j’arrive. 

À la porte, il y avait ce monsieur avec un manteau de couleur sombre qui se présentait ainsi.

— Benoit Gauvin, huissier de justice. Voici ma carte et voici le document.

Pendant que l’huissier ramassa son crayon qu’il avait échappé pour pouvoir noter dans un calepin, je lisais dans ma tête le document en diagonale. Mon cerveau restait accroché sur certains mots qui faisaient monter un énorme malaise.

— Éloi Sophier, cabinet d’avocats, poursuite judiciaire, dommages moraux, la somme de 25 000 $, punitifs…

— Monsieur, monsieur, êtes‑vous correct ? L’ambulance s’en vient, ne bougez pas.

Je voyais l’huissier de façon floue et sa voix semblait venir de très loin. J’étais désorganisé, il me manquait un morceau de ma vie. Les ambulanciers me parlaient sans que je comprenne trop ce qu’ils disaient. Mon cœur semblait être un problème. J’avais la sensation de partir à nouveau. La voix des ambulanciers, qui me parlaient sans cesse, m’empêchait de me laisser aller. J’étais dans l’ambulance, en route vers l’hôpital.

Mon corps venait de démissionner de mes choix.